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Des aliments pour ou contre le cancer?

Le cancer fait peur!  De moins en moins toutefois, puisqu’on sait de plus en plus comment le prévenir…

Avec la diminution du risque de développer un cancer en ayant de saines habitudes de vie, vient parfois l’augmentation de l’obsession de manger parfaitement en tout temps. En passant, ça s’appelle l’orthorexie et c’est un trouble alimentaire!

Il n’y a pourtant pas d’aliments qui donnent ou guérissent le cancer.  Il y a toutefois des modes de vie qui favorisent le bien-être, le calme et la paix intérieure et des habitudes alimentaires qui préviennent les maladies chroniques telles le cancer et favorise une qualité de vie.  Le défunt David Servan-Schreiber a d’ailleurs écrit un livre sur le sujet: Anti cancer a new way of life.

J’ai été une des premières à m’acheter les livres du Dr. BéliveauLes aliments contre le cancer et Cuisiner les aliments contre le cancer.  J’étais toutefois étonnée d’y retrouver des recettes avec, entre autre, du boeuf, de l’agneau, du porc, du thon rouge, sans même qu’on parle ou mentionne leurs méthodes d’élevages.  Cette semaine sur Facebook, Dominique Dupuis de l’Armoire du haut était « traumatisée » de retrouver du boeuf haché dans une recette de Richard Béliveau, collaborateur à l’émission Kampai.  Comble de tout, la semaine dernière c’est le porc qui était la vedette dans une recette d’Osso buco.  En prime un pot-au-feu de boeuf. Traumatisant?  Pas nécessairement, mais ben mêlant!  D’un côté on nous dit de diminuer voire, éliminer la viande de notre alimentation parce qu’elle augmenterait les risques de développer un cancer (du colon) et de l’autre, un livre de recettes et une émission de télé grand public, d’une sommité dans le domaine du cancer qui propose du porc, du boeuf, de l’agneau et du poulet… Généreusement badigeonné de curcuma ou enrobé de thé vert, mais quand même! Faudrait se brancher les amis!

Ce qui m’amène à vous parler de ce nouveau livre qui vient de paraître Bien manger pendant et après un cancer de la nutritionniste Geneviève Nadeau.  C’est moi qui lui ait demandé de m’envoyer une copie.  J’avais hâte de voir ce qu’elle allait proposer. Geneviève a perdu sa mère des suites d’un cancer.  Elle sait exactement par quoi passe les patients qui ont cette maladie.  Et je la félicite pour son courage et sa force, toute une épreuve à surmonter!  J’ai aimé les témoignages, la manière dont l’information est vulgarisée et les encadrés qui accompagnent les recettes avec suppléments d’infos.

Mais en lisant ses recettes, j’ai eu le même malaise qu’avec Béliveau.  Je lui ait même écrit pour lui demander de m’expliquer le choix de ses ingrédients.  La minute qui suivait l’envoi de mon courriel, Geneviève me téléphonait pour me donner des précisions.  Elle m’explique que contrairement à ce que l’on pourrait croire, les recommandations pour l’alimentation pendant un cancer ne correspondent pas à celles pour la prévention de cette maladie.  Et c’est cette voie qu’elle à voulu emprunter dans son livre.  Selon elle, ce n’est pas lorsque le patient a son diagnostic, qu’il est malade et en chimio, que c’est le moment de changer son alimentation.  Elle a trop souvent vu des patients vouloir manger parfaitement durant leur maladie au point d’en oublier le plus important: leur combat contre le cancer.  Avec se livre elle veut apporter un soutien et éviter que le patient culpabilise de ne pas manger assez santé!  Elle me souligne également qu’elle a considéré les recommandations de la Société canadienne du cancer quand aux saines habitudes à privilégier.

Je comprends tout ça!  Mais le titre du livre est Bien manger pendant et après un cancer. Il sous entend que l’alimentation prescrite dans le livre se poursuive une fois le patient en rémission. C’est un outil et en quelque sorte une référence pour bien manger. Alors pourquoi on y retrouve de la gélatine aux fraises et du jambon cuit (sans aucune note en ce qui a trait aux nitrites)?

Il faut être conséquent, si il y a un lien à faire entre alimentation, état de santé et qualité de vie, les aliments qui servent à nourrir une personne malade se doivent d’apporter des valeurs nutritives optimales, sinon à quoi bon?

Ce livre empreint de compassion et de conseils à certainement son utilité, mais j’aurais aimé qu’on y démontre qu’il est possible de manger sainement sans se sentir privé ou frustré et que cela fait du bien.  J’aurais aimé que la théorie et la pratique se rejoigne pour motiver et influencer positivement l’alimentation des patients atteints du cancer pour favoriser toutes les chances de guérison.  Qu’on valorise ces aliments qu’on sait qu’ils sont contre le cancer!  N’est-ce pas une des responsabilités de nos professionnels de la santé et de la nutrition?

Bien manger pendant et après un cancer
Éditions La Semaine
Geneviève Nadeau, Dt.P. Nutritionniste
www.nadeaunutrition.com
Facebook: Geneviève Nadeau Dt.P. Nutritionniste 
Twitter: @nadeaunutrition 
Sur Yoopa: www.yoopa.ca/experts

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5 Commentaires
  1. Jo #

    Très à propos ton commentaire. Il me semble moi aussi que tu dois modifier ton alimentation après une annonce de cancer. C’est plus réconfortant de savoir que ce que l’on mange est bénéfique pour notre santé… et il y a tellement de choses délicieuses et bonnes pour nos cellules à la place d’une poutine ou d’un cheeseburger et bacon..;-(

    8 novembre 2011
  2. Excellent point de vue. De mon côté, ce qui m’étonne, c’est qu’on considère les aliments selon une loi du tout ou rien, c’est-à-dire qu’un aliment est « anti » cancer ou bien « pro » cancer. Prenons l’exemple de la viande où l’on cible uniquement le mauvais et on en oublie les qualités alors que pour d’autres aliments, on fait l’inverse. Je trouve, et c’est une opinion bien personnelle, que l’on cherche davantage à se ranger dans un camp X ou Y et à y trouver des vertus qu’à chercher à comprendre réellement l’alimentation et ses interactions avec l’être humain. La nutrition, ce n’est pas le bien ou le mal, c’est seulement de la nutrition. J’ai parfois l’impression d’assister à des scènes typiques de l’inquisition Espagnole.
    En biologie, rien n’est fondamentalement noir ou fondamentalement blanc. Le curare peut vous tuer ou vous permettre de passer à travers une opération chirurgicale sans douleur. Tout est une question de dosage et de connaissances.
    J’ai hâte que nous passions à autre chose et que nous arrêtions de chercher LA recette miracle, LE mode de vie, etc. et que les gens commencent plutôt à chercher à comprendre, à remettre les choses en question et à augmenter leur bagage de connaissances afin d’être mieux outillés face à la vie.

    8 novembre 2011
  3. J’ai la croyance (à tort ou à raison) que quand on lutte contre le cancer, le moral est très important, plus encore que l’alimentation. Si certains arrivent à changer radicalement leur alimentation pour aller vers le végétalisme, voir le crudivorisme, (le curcumatisme ?) en tout cas une alimentation la plus appropriée possible, c’est tant mieux, et cela leur donne l’impression (peut-être illusoire ?) de ne pas être impuissant devant la maladie, de pouvoir y faire quelque chose, de participer à la lutte activement. Mais pour certaines personnes, cela peut être mal vécu, et la maladie est déjà suffisamment déprimante sans avoir à y ajouter un régime vécu comme austère et pénible (tout le monde n’a pas la créativité d’une blogueuse culinaire) qui achèverait complètement le moral et l’envie de vivre.
    En résumé, je crois que ce qui est bon pour certains n’est pas forcément bon pour tous.
    Sur ces mots, je te bizzz 😀

    8 novembre 2011
  4. Merci pour cet article. Je partage ton point de vue à 100 %.

    Kampaï et le docteur Béliveau veulent peut-être rendre l’alimentation saine plus accessible à une majorité, et c’est correct, même admirable. Cependant, on n’insiste pas assez sur les mauvais côtés de cette « alimentation saine » ou sur les façons de rendre ces plats plus sains, en remplaçant par exemple un ingrédient X par un ingrédient Y.

    9 novembre 2011

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